Repeindre une pièce, c'est d'abord préparer : lessiver, reboucher, poncer, passer une sous-couche, puis appliquer deux couches de finition. En ordre de grandeur, comptez 25 à 45 euros par mètre carré peint sur des murs ou des plafonds en bon état, et 40 à 70 euros quand le support doit être repris. Les boiseries se chiffrent à part.
Ordres de grandeur constatés, fournitures comprises. Les plafonds se situent souvent dans le haut de la fourchette, car le travail au-dessus de la tête est plus lent.
La préparation, là où tout se décide
- Protéger : sols bâchés, meubles regroupés et couverts, prises et interrupteurs démontés, bords masqués au ruban.
- Lessiver : une lessive dégraissante retire les traces de mains, la graisse de cuisine et la fumée, puis on rince à l'eau claire. Une peinture posée sur un mur gras finit par cloquer ou se décoller.
- Reboucher et enduire : enduit de rebouchage dans les trous et les fissures, puis, si le mur est irrégulier, un enduit de lissage passé sur toute la surface, ce qu'on appelle ratisser.
- Poncer et dépoussiérer : le ponçage efface les reprises d'enduit et donne de l'accroche ; la poussière doit être retirée avant de peindre.
- Imprimer : la sous-couche, ou impression, bloque les supports trop absorbants et unifie le fond. Elle est indispensable sur plâtre ou plaques neufs et sur les zones rebouchées.
- Deux couches de finition, en respectant le temps de séchage indiqué par le fabricant entre les deux.
Sur un devis, chaque étape doit être écrite. Une ligne unique « peinture des murs » ne permet pas de savoir si le mur sera ratissé ou simplement recouvert.
Mat, velours ou satin : la finition selon la pièce
- Le mat absorbe la lumière et gomme les petits défauts du support. C'est la finition naturelle des plafonds et des murs anciens un peu irréguliers. Il est moins facile à nettoyer, même si des mats lessivables existent.
- Le velours a un léger reflet et se nettoie mieux que le mat. C'est le compromis le plus courant pour le séjour et les chambres.
- Le satin brille davantage et supporte le lavage : cuisine, salle de bains, entrée, couloir, chambre d'enfant, boiseries. En contrepartie, il révèle chaque défaut du mur, qui doit donc être parfaitement préparé.
- Le brillant se réserve aux boiseries et aux menuiseries, pour un effet laqué.
Pour les pièces d'eau, il existe des peintures formulées pour les pièces humides. Elles ne remplacent pas une ventilation qui fonctionne : sans renouvellement d'air, la condensation finit par marquer n'importe quelle peinture.
Acrylique ou glycéro ?
Les peintures acryliques, en phase aqueuse, se diluent et se nettoient à l'eau, sèchent vite et sentent peu. Elles couvrent aujourd'hui l'essentiel des murs et des plafonds en intérieur.
Les peintures glycérophtaliques, en phase solvant, tendent mieux et donnent un film très dur, apprécié sur les boiseries et les pièces exposées. Elles sèchent plus lentement et dégagent davantage d'odeurs. Il existe aussi des alkydes en phase aqueuse, qui cherchent à réunir les deux qualités.
Un point d'atelier : on ne passe pas une acrylique directement sur une ancienne glycéro, elle n'accrocherait pas. Il faut dégraisser, poncer légèrement, puis appliquer une sous-couche d'accroche adaptée. Quel que soit le produit, regardez l'étiquette sur les émissions dans l'air intérieur, classée de A+ à C : A+ est la classe la moins émissive.
Les plafonds, un travail à part
Un plafond se peint avant les murs, en mat le plus souvent, pour ne pas souligner les irrégularités à la lumière rasante d'une fenêtre. Le peintre croise les passes de rouleau et finit dans le sens de la lumière pour éviter les traces. Il faut déposer ou protéger les luminaires, et travailler sur un échafaudage roulant ou un plateau dès que la hauteur dépasse celle d'une pièce ordinaire.
Un plafond fissuré, taché par une ancienne fuite ou jauni par la fumée demande une préparation spécifique : traitement des fissures, impression bloquant les taches. S'il est trop abîmé, poser un faux plafond peut coûter moins cher que de le reprendre entièrement.
Ce qu'il faut repérer avant de peindre
- L'humidité : auréoles, salpêtre, peinture qui cloque. On trouve et on traite la cause d'abord (fuite, remontées, condensation) ; repeindre par-dessus ne tient pas.
- Les fissures : les fines fissures de surface se rebouchent ; une fissure qui s'ouvre, traverse le mur ou réapparaît après rebouchage doit être montrée à un professionnel du bâtiment avant de peindre.
- Le plomb : dans un logement construit avant 1949, d'anciennes couches de peinture peuvent contenir du plomb. On ne les ponce pas à sec sans précautions ; le constat de risque d'exposition au plomb (CREP), établi lors d'une vente ou d'une location, renseigne sur leur présence.
- Les papiers peints et toiles de verre : on les décolle ou on les peint selon leur état. Peindre sur un papier qui se décolle aux joints, c'est le voir se soulever quelques mois plus tard.
Choisir une teinte qui tient dans la pièce
Une couleur ne se choisit pas sur un nuancier en magasin. Elle change avec l'orientation : une pièce au nord, à la lumière froide, rend les gris plus bleutés, alors qu'une pièce au sud réchauffe tout. Peignez un grand échantillon, d'un format d'au moins une feuille A3, sur deux murs différents, et regardez-le le matin, le soir et à la lumière artificielle.
Un plafond plus clair que les murs paraît plus haut ; un plafond foncé rapproche le regard et rend la pièce plus intime. Pour un couloir sombre, les teintes claires et les finitions velours renvoient mieux la lumière. Et pour une teinte très soutenue, prévoyez une sous-couche teintée : elle évite une troisième couche.
Les aides mobilisables
📋TVA réduite à 10% — Taux réduit applicable aux travaux d'entretien et d'amélioration des logements de plus de 2 ans (hors rénovation énergétique). (10% d'économie)
🏛️Aides locales — Région, département et commune proposent souvent des subventions complémentaires. Renseignez-vous auprès de votre mairie et de votre conseil régional. (Variable selon la collectivité)
Questions fréquentes
Quel est le prix de la peinture intérieure au m² ?
En ordre de grandeur, 25 à 45 euros par mètre carré peint sur des murs ou des plafonds en bon état, sous-couche et deux couches comprises, et 40 à 70 euros quand il faut reboucher, enduire et poncer. La surface se mesure sur les murs et les plafonds, pas au sol.
Combien de couches de peinture faut-il sur un mur ?
Deux couches de finition, en général précédées d'une sous-couche. Une seule couche laisse presque toujours des manques et des différences de teinte. Une troisième peut être nécessaire pour une couleur très soutenue appliquée sans sous-couche teintée.
Faut-il lessiver un mur avant de le peindre ?
Oui. Un mur paraît propre mais porte des traces de mains, de graisse ou de fumée qui empêchent la peinture d'accrocher. Le lessivage, suivi d'un rinçage et d'un séchage, évite les cloques et les décollements. Dans une cuisine, il est indispensable.
Quelle peinture pour une salle de bains ?
Une peinture satinée ou une peinture formulée pour les pièces humides, qui résiste au lavage et à la vapeur. Elle ne suffit pas si la pièce est mal ventilée : la condensation finit par marquer toute peinture et favorise les moisissures.
Peut-on peindre de l'acrylique sur de la glycéro ?
Pas directement : l'acrylique n'accroche pas sur une ancienne glycéro. Il faut dégraisser, poncer légèrement pour dépolir, puis passer une sous-couche d'accroche adaptée avant la finition acrylique. Sans cette préparation, la peinture risque de s'écailler.
Combien de temps faut-il pour peindre une pièce ?
Pour une chambre en bon état, un peintre compte en général deux à quatre jours, préparation, sous-couche et deux couches comprises, en respectant les temps de séchage. Une pièce à ratisser ou à décoller prend davantage.